6,50 euros (t.r. 5,00 euros)
lundi 12 avril 2010
20h
Carte blanche à Nasser Martin-Gousset
Un programme proposé par le CND
La Cinémathèque française - Salle Georges Franju
51, rue de Bercy - Paris 12 - M° Bercy
Créer par analogies... Pour l’instant, l’image fait partie de mes pièces comme une évidence incontournable. Pour combien de temps? Je ne sais pas. C’est un outil au même titre que le son, l’écriture, l’architecture, le corps. À travers tous ces paramètres, je cherche l’équilibre et la cohérence. C’est comme fabriquer un objet ayant sa propre indépendance ; une sphère – une planète – un prisme où chaque angle est relié par des fils. Une logique interne, une géométrie lisible avec pourtant un sens caché, inconnu, même de moi. Un mystère dû à l’intuition, l’inconscient. Une utopie? Probablement, mais qui me fait encore agir. Bien sûr mes fantasmes scéniques sont le reflet de toutes les informations qui m’ont traversé depuis l’enfance. Le regard se fixe parfois une seconde sur un paysage et s’imprime à jamais. Ce n’est pas tellement comment regarder c’est que soudain on regarde et la chose s’impose d’elle-même. Elle se dépose dans une mémoire parallèle pour resurgir des années plus tard. Toutes ces traces participent à l’intuition lorsque l’on travaille. Cette intuition sert la structure. Les outils, tels que l’image ou le son, entre autres, ont des problématiques autant techniques qu’artistiques dans la recherche de la structure. Je me rends compte combien aujourd’hui le traitement technique devient une chose inséparable de l’artistique. En ce sens, la technique au service d’un projet «ambitieux» est intrinsèquement artistique. Mes rêves scénographiques se sont souvent brisé les reins devant la problématique de la technique, mais je crois que ma dernière création NEVERLAND s’approche un peu plus de ce que je cherche. Harmoniser tous ces outils et raconter une histoire demande aussi une approche spécifique dans mon travail avec les interprètes. Je demanderais plutôt à un comédien d’être physique et à un danseur de ne pas oublier la théâtralité. Ici encore, mon souci est de fluidifier les codes entre abstraction et réalisme. Je me suis souvent amusé à détourner les clichés de notre environnement audio-visuel; aujourd’hui cette inclinaison s’émousse; peut-être que trop d’information tue l’information, mais je ne perds pas espoir dans la poétique cinématographique. Elle nourrit encore mon imaginaire et mon désir de créer mais elle n’est pas le sens ni même le centre, elle participe comme une donnée à une succession d’autres données que j’appellerai «le principe d’analogies». Un principe qui englobe plusieurs fragments de réalité dont l’intérêt s’éclaire différemment lorsqu’ils sont simplement juxtaposés. (Nasser Martin-Gousset)