6,50 euros
lundi 14 septembre 2009
20h
BUSBY LE MAGNIFIQUE
en hommage à Busby Berkeley
une soirée inédite
Cinémathèque française - salle Henri Langlois
51, rue de Bercy - Paris 12e - M° Bercy
Reprise de la revue Zoopsie Comedi au Théâtre de Suresnes (le 8 octobre), avec les costumes de Christian Lacroix, Désirs, la nouvelle revue du Crazy Horse (le 21 octobre) chorégraphiée par Philippe Decouflé … entre les deux, la figure de Nikolaïs dont nos trois chorégraphes ont suivi l’enseignement ensemble au CNDC d’Angers. Leçons dont s’inspira Alain Bernardin lorsque, imitant les films de Nikolaïs, il eut l’idée de projeter des diapositives de couleurs sur les corps dénudés de ses danseuses.
Ces deux spectacles, sans se réclamer directement de Busby Berkeley, en sont pourtant une émanation lointaine et nous avons profité de l’opportunité de ce retour des revues de cabaret et de music-hall pour rendre hommage aux féeries cinématographiques de l’auteur de Gold Diggers.
Le thème des chorus girls et des revues hante la mémoire collective. C’est à la fois un divertissement sophistiqué, populaire et une mise en scène du désir.
Busby Berkeley fut l’homme de spectacle qui inventa cette écriture de rêve, ces houles de danseuses et de danseurs surgis de nulle part et se déplaçant selon des lignes oscillantes et des symétries vertigineuses.
Dance-director à Broadway, il fut invité à rejoindre Hollywood en 1930, puis il entra à la Warner. Il mit alors au point son système et ses inventions au cours d’un grand nombre de films dont les numéros demeurent historiques. Constructions et déconstructions immédiates de figures géométriques dessinées par les corps de créatures de rêve dont les jambes interminables miment en rythme la mécanique impeccable de machines lancées a leur paroxysme…
C’est l’époque du culte du rythme (le jazz), de la vitesse, et du sport qui confond volontiers anatomie masculine et féminine. Sur les scènes des studios à Hollywood les danseurs et les danseuses rangés comme des allumettes glissent, défilent, sourient, figures impeccables et abstraites délicieusement reflétées à l’infini.
La sexualité y est omniprésente, diffuse, aérienne, aquatique, un monde de désir purement artificiel où tout devient possible.
Il est intéressant que l’une des inventions dont Busby Berkeley était d’ailleurs le plus fier fut la manière avec laquelle il réussit à rendre invisible sa caméra, qui filmait devant des miroirs. Trucage enfantin, magnifique, qui signifie aussi que l’on est dans l’univers de Méliès, de l’illusion, de la prestidigitation. Rien n’est vrai dans les créations de Busby Berkeley, mais tout y est bien plus que vrai que le vrai. Ces changements à vue, ces métamorphoses continuelles vers lesquels il nous entraîne sont bien la mise en abyme du regard du spectateur.
Pour rendre hommage à Busby Berkeley nous montrerons l’unique film qui a été réalisé sur lui, par André S. Labarthe (1967), ainsi qu’un montage inédit de ses plus belles séquences. P.B. - août 2009
Remerciements à L'INA