VINCENT PATERSON : chorégraphe et réalisateur
2002
82 minutes
Vincent Paterson, chorégraphe, réalisateur, scénographe de spectacle rock, notamment de Madonna, se situe dans ce grand courant américain qui allie music-hall et naissance des villes, mémoire cinématographique (les images de Busby Berkeley, de Fritz Lang) et nouvelles technologies.
Les Etats-Unis ne sont pas une société sans mémoire. Le music-hall y joue un rôle singulier.
Le mélange des genres rapproche jazz, rock, comédies musicales, chansons populaires, musique classique.
Vincent Paterson apprit de ses parents le mambo, le cha-cha, le jitter-burg, le jazz. Il a aimé les grandes comédies musicales.
Ces sons, ces rythmes, mélangés, lui ont donné ses tempos de montage au cinéma, pour ses publicités ou ses clips.
Le son chez lui monte l’image. Le son mélangé, également, lui sert à dégager des angles de vue dynamiques sur les danses de Madonna et de Michael Jackson.
Ces positions de caméra sont des élans qui s’entrecroisent à travers les courts-circuits de Jackson ou les crescendos de Madonna. Ces perspectives rapides s’accordent aux singularités des deux chanteurs-danseurs : le travestissement chez Madonna, le morphing, la transubstantation chez Jackson.
Homme de fragments et de coupures, Paterson les recompose à travers ces nouveaux corps, ces nouvelles technologies. C’est sa fraîcheur, le charme et la jeunesse de ses images.
Si le son monte, le geste également : d’une manière de marcher naquirent des films avec Chaplin, Keaton, Tati.
Vincent Paterson inventa le pas Moon Walk pour Jackson.
Chorégraphe de Dancer in the Dark, de Lars Vo n Trier, dans la scène du pont, il accentue légèrement le cliquetis, le bruit régulier des roues du train. Quelque chose décolle, s’étire dans l’air. On danse alors sur les wagons, autour, en contrepoint, dans un jardin, sur une barque.
Cette stylisation minimum d’un son insinue un peu de rêve dans la réalité.
Bernard Rémy